Communiqué SNJ et CGT RMC-BFM
Quelques heures après l’attentat raciste de Trappes, le maire Ali Rabeh soulevait le rôle des médias dans la montée du racisme au sein de la société française. Aujourd’hui, le suspect avoue avoir voulu venger les pillages du 17 octobre et viser particulièrement les personnes selon leur couleur de peau.
Le racisme décomplexé, qui a désormais place nette sur notre antenne, a des conséquences directes et irrémédiables sur notre société.
Cette tragédie confirme malheureusement ce que nous dénonçons depuis des mois: le racisme décomplexé, qui a désormais place nette sur notre antenne, a des conséquences directes et irrémédiables sur notre société.
Entre le 23 et le 24 octobre, quatre équipes de tournage de BFMTV ont été violentées physiquement et verbalement lors des manifestations à Paris et à Marseille. Nous leur apportons tout notre soutien.
Entre le 23 et le 24 octobre, quatre équipes de tournage de BFMTV ont été violentées physiquement et verbalement lors des manifestations à Paris et à Marseille. Nous leur apportons tout notre soutien. Comment ne pas faire le lien entre ces agressions et les propos tenus à l’antenne, donnant à la chaîne une image raciste et l’associant aux pires médias d’extrême droite?
Comment ne pas faire le lien entre ces agressions et les propos tenus à l’antenne, donnant à la chaîne une image raciste et l’associant aux pires médias d’extrême droite? Cette semaine encore, les déclarations nauséabondes et les fausses informations se sont enchaînées, sans que la direction ne trouve à redire, et sans réaction de la part des présentateurs en plateau.
Dominique Rizet, le 17 octobre, à propos des casseurs responsables des dégradations urbaines: « Ce sont des gamins des cités qui ont tout cassé », « Ces gens qui sont venus se servir dans les magasins, quand ils veulent quelque chose, ils le prennent. (…) S’ils veulent des chaussures, ils viennent dans les magasins, ils les prennent. S’ils veulent une fille, ils la prennent. C’est un mode de fonctionnement ».
Le lendemain, Eric Ciotti et Eric Zemmour prenaient tour à tour la parole chez Sonia Mabrouk, l’un parlant « d’intifada française », et l’autre de « racaille arabo-musulmane ».
Combien faudra-t-il d’attentats pour que les médias se rendent compte du rôle qu’ils ont à jouer dans cette dérive? Combien de fois devrons-nous dénoncer la violence verbale et le racisme qui gangrènent notre antenne, mettant non seulement en danger nos collègues mais également nos concitoyens?
Pour compléter ce tableau peu reluisant, la direction ne semble pas voir d’inconvénient à inviter, le jour même de l’attentat raciste de Trappes, Bruno Pomart, écarté quelques jours plus tôt par LCI pour ses propos racistes, parlant des casseurs comme « des révolutionnaires d’Allah ». Toujours ce 23 octobre, Hervé Morin affirme que les pillages du 17 octobre avaient été commis « pour l’essentiel » par des « jeunes des quartiers », juste après avoir assumé de faire une corrélation entre immigration et délinquance. Jacques Poinas, quant à lui, ose parler de « terrorisme de représailles ».
Combien faudra-t-il d’attentats pour que les médias se rendent compte du rôle qu’ils ont à jouer dans cette dérive? Combien de fois devrons-nous dénoncer la violence verbale et le racisme qui gangrènent notre antenne, mettant non seulement en danger nos collègues mais également nos concitoyens?
A ce jeu de faire le lit de l’extrême droite, nous avons une responsabilité. Il serait donc temps de garantir le débat démocratique dans le respect de l’individu, sans banaliser l’idéologie mortifère d’un parti anti-républicain et surtout, sans considérer le racisme comme une opinion parmi d’autres.
Paris, le 25 octobre 2026.
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