Visa pour l’image perd son créateur,
 Jean-François Leroy

0  -  Article mis à jour le 31 août 2026

Communiqué du SNJ-CGT

Avec le décès de Jean-François Leroy, c’est le créateur et directeur historique du seul festival de photojournalisme au monde, Visa pour l’image, à Perpignan, qui disparait. La 38e édition, inaugurée il y a deux jours, est la seule à laquelle il n’a pu assister.

Le SNJ-CGT rend hommage à un passionné qui a contribué à donner ses lettres de noblesse au photojournalisme et prouvé qu’il existe des photojournalistes de talent partout dans le monde.

Le SNJ-CGT rend hommage à un passionné qui a contribué à donner ses lettres de noblesse au photojournalisme et prouvé qu’il existe des photojournalistes de talent partout dans le monde.

Nous retiendrons également son exigence. Dans l’édito de l’édition 2026 de Visa pour l’image, il mettait ainsi en garde contre les dangers de l’IA, prenant l’exemple de la fausse photo de Nicolàs Maduro, «entouré de deux marines, menottes aux poignets», qui a berné «des médias respectables et des journalistes biberonnés aux réseaux sociaux». Il y opposait les «vraies photos de Maduro à New York, menottes aux poignets […] prises par des journalistes professionnels et diffusées par des médias obéissant à une rigueur et à des règles peut-être surannées, mais tellement importantes».

«Il n’aimait pas que les images, mais aussi les photographes, qu’il ne considérait pas comme des machines à faire des photos», témoigne notre camarade Georges Bartoli. Ce festival «a beaucoup compté pour moi, dans mon parcours de photojournaliste», ajoute-t-il.

Depuis de longues années, Visa pour l’image, via son festival Off, offre au SNJ-CGT, en collaboration avec la CGT des Pyrénées-Orientales, l’opportunité de mettre en avant une vision sociale du photojournalisme.

Depuis de longues années, Visa pour l’image, via son festival Off, offre par ailleurs au SNJ-CGT, en collaboration avec la CGT des Pyrénées-Orientales, l’opportunité de mettre en avant une vision sociale du photojournalisme.

Le syndicat a eu l’occasion d’exposer des pointures comme Sebastião Salgado ou Patrick Bard. Rappelons également l’exposition de Claude Candille, sur «30 ans de photojournalisme à la VO, 1979-2009», ou encore celle de Georges Azenstark sur Mai 68, deux compagnons de route du SNJ-CGT aujourd’hui disparus. «On a même eu le Visa d’or du festival Off, avec Marie Derigny, pour une exposition sur le travail des enfants dans le monde», racontait Georges Bartoli en 2023 dans le magazine du SNJ-CGT (télécharger le N°91 de Témoins).

Cette année, c’est le photojournaliste palestinien Loay Ayyoub qu’exposera le SNJ-CGT. En 2024, Visa pour l’image avait été le premier festival à inviter Loay Ayyoub en Europe.

Cette année, c’est le photojournaliste palestinien Loay Ayyoub qu’exposera le SNJ-CGT (voir ici l’invitation). En 2024, Visa pour l’image avait été le premier festival à inviter Loay Ayyoub en Europe. Jean-François Leroy s’était impliqué personnellement, malheureusement sans succès, pour faire venir le photojournaliste gazaoui primé par le Visa d’or, à qui la France n’a pas accordé de visa. Par cette exposition, le SNJ-CGT réaffirme sa détermination à permettre à la profession de rencontrer personnellement Loay Ayyoub, comme l’aurait souhaité Jean-François Leroy, d’ailleurs.

Ne le cachons pas: certaines décisions de Jean-François Leroy pouvaient porter à critique, comme le refus de déménager le festival après l’élection à Perpignan en 2020 d’un maire Rassemblement national, Louis Aliot.

Ne le cachons pas: certaines décisions de Jean-François Leroy pouvaient porter à critique, comme le refus de déménager le festival après l’élection à Perpignan en 2020 d’un maire Rassemblement national, Louis Aliot. On se souvient également de l’édition 2023 du festival, quand Jordi Borràs a révélé que trois de ses photos d’un meeting de Marine Le Pen avait été retirées d’une projection, parmi celles qui illustraient son travail sur l’extrême droite en Europe.

Visa pour l’image n’en demeure pas moins, comme le confie Georges Bartoli, une opportunité pour les jeunes professionnels de «rencontrer des photojournalistes expérimentés» et «un endroit où on peut montrer ce qu’on ne voit plus dans les journaux».

Montreuil, le 31 août 2026.

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