Communiqué du SNJ-CGT de Radio France
Les années passent, la situation empire. Le dernier sondage sur les conditions de vie et de travail des journalistes en CDD (74 répondant-es sur une centaine sollicité-es) est sans appel: être journaliste sur le planning de Radio France nuit à la santé. NON, nos collègues journalistes en contrat précaire ne sont pas des variables d’ajustement corvéables à merci!
93,2% des répondant-es souffrent d’épuisement professionnel
Que se passerait-il si de tels chiffres ressortaient à propos de telle ou telle station? Accepterions-nous qu’aucune mesure ne soit prise?
On note aussi que:
- 59,5 % subissent cet épuisement de façon intense et régulière;
- 81,1 % constatent un impact sur leur santé physique et mentale (insomnies chroniques, recours aux anxiolytiques et arrêts maladie répétés)
Des chiffres… et des témoignages accablants:
- «J’ai dû aller chez le médecin pour une mâchoire bloquée à cause du stress. En parlant du travail il était difficile de contenir les larmes, il m’a proposé un arrêt de travail»
- «Je suis actuellement en train d’exploser à cause de la fatigue |..] tout mon corps m’indique que je dois me reposer.»
- «Depuis que je suis entré-e à Radio France [..] je suis devenu-e assez gravement insomniaque. J’ai été sous traitement (antidépresseurs avec effet anxiolytique) pendant deux ans […] Aujourd’hui je gère mes insomnies en prenant ponctuellement des somnifères. »
L’été 2026 : l’enfer des reportages entre canicule et mal-logement
Cet été, particulièrement éprouvant pour chacun d’entre nous, l’a été encore davantage pour les journalistes précaires, qui ont souffert d’une double peine! Avec des plafonds de remboursements totalement déconnectés du marché immobilier, ils et elles sont de plus en plus nombreux-ses a payer de leur poche et à vivre dans des logements insalubres.
- «Aucune période creuse. Des incendies partout |…] Beaucoup de pression sur les épaules pour traiter cette actualité.»
- «Logement sous les toits pour être au tarif Radio France, donc difficultés pour dormir correctement avec la canicule.»
- «On est seul pour trouver un logement rapidement, avec un tarif de 750 euros c’est impossible. […] C’est une véritable charge mentale, en plus de tout le reste.»
- «À Paris, après m’être battu-e une semaine j’ai lâché l’affaire et j’ai dû payer une centaine d’euros de ma poche et pas osé dire non au contrat.»
- «Impossible de trouver un appart pour 3 mois, encore moins un Airbnb à moins de 900 euros. Heureusement j’ai potentiellement le canapé d’une pote.»
- «A chaque fois, j’ai dû payer un supplément de ma poche pour me loger. Ce n’est pas un choix, simplement dans les 3 villes des contrats y’avait rien au tarif Radio France.»
Mépris managérial et détresse dans plusieurs stations locales
Dans certaines rédactions, la pression et les comportements de la hiérarchie sont intolérables.
- «Être CDD à XXX, c’est une charge mentale qui devient insupportable. […] Se tuer à la tâche pour ce résultat d’antenne est profondément déprimant.»
- «[Le cadre] tape du poing de colère sur le bureau. Hausse le ton et parle mal, particulièrement aux femmes à qui il coupe la parole…»
Le SNJ-CGT de Radio France se tient aux côtés des journalistes CDD et pigistes pour obtenir des réponses immédiates de la direction.
Nous demandons:
- Une refonte complète des plafonds de logement pour s’aligner sur les prix réels de l’immobilier locatif;
- Le respect des temps de repos, d’une répartition géographique cohérente, et l’arrêt du découpage abusif des contrats;
- Une procédure claire face aux risques de cyberharcèlement, à la veille d’une année présidentielle particulièrement sensible;
- Un moratoire sur les recrutements extérieurs, particulièrement décourageants;
- Que des représentantes syndicaux puissent accompagner aux réunions avec la direction les représentantes des CDD ou pigistes, si ces dernier-ères le souhaitent, comme ils le font pour tout e autre salarié-e.
Enfin, pour répondre, plus globalement, aux risques psychosociaux particulièrement alarmants chez nos collègues CDD et pigistes, le SN-CGT Radio France demande l’organisation rapide d’une table ronde entre les représentant-es des journalistes CDD et pigistes, les organisations syndicales et la direction. Nos élu-es s’engagent également à faire remonter les situations sources de risques psycho-sociaux en CSE, afin d’y mettre un terme.
Paris et régions, le 13 octobre 2026.
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