« Le Républicain Lorrain »: un journal sans signatures

0  -  Article mis à jour le 31 août 2026

Communiqué CFDT, Filpac-CGT, SNJ et SNJ-CGT du Républicain Lorrain

Depuis le 22 juin et l’annonce du plan EBRA aux représentants des salariés RL [Républicain Lorrain] en Comité social et économique (CSE), des journalistes de la rédaction ont débuté une action de protestation en cessant de signer leurs articles. Ce mouvement inédit par sa durée et le nombre de participants continue de prendre de l’ampleur, au point que certaines éditions ne présentent plus que des signatures de managers ou d’autres journaux du groupe. Pour la première fois, les journalistes mènent la lutte au nom de tous les salariés du Républicain Lorrain.

Le projet de la direction de «faire partir» 35 salariés, dont 19 à la rédaction (8 journalistes), couplé à l’utilisation contrainte de l’intelligence artificielle générative (IAG), ne passent pas.

Le projet de la direction de «faire partir» 35 salariés, dont 19 à la rédaction (8 journalistes), couplé à l’utilisation contrainte de l’intelligence artificielle générative (IAG), ne passent pas. D’autant qu’EBRA camoufle son plan de suppressions de postes derrière un pseudo renforcement éditorial et en dévoilant l’outil de mise en page automatique IAG aux chefs le 1er juillet… alors que la présentation officielle aux élus est prévue le 10 septembre. L’association «journalistes moins nombreux – IAG partout», poussée par la direction, ne peut que nuire au journalisme «d’excellence», à la qualité de l’information et à la confiance que nous accordent les lecteurs.

L’association «journalistes moins nombreux – IAG partout», poussée par la direction, ne peut que nuire au journalisme «d’excellence», à la qualité de l’information et à la confiance que nous accordent les lecteurs.

D’ailleurs, l’obstination de la direction à refuser de révéler à l’usager que son journal est réalisé avec l’intelligence artificielle, même partiellement, sonne comme un aveu. La suppression prévue de postes d’assistantes et du «Courrier Service» sont la preuve que la proximité n’est plus la priorité. Le transfert de missions à L’Est républicain et l’accélération de la transformation du desk web en pôle news de «curation», avant même la signature du plan, enfoncent le clou. Comment une actualité uniformisée, moins fiable du fait de la baisse continue des effectifs, pensée par un serveur commun à tous les journaux et sociétés du Crédit Mutuel pourrait-elle sauver nos emplois?

L’arrêt des signatures de leurs articles par les humains, auteurs, journalistes, reporters depuis bientôt deux mois prend tout son sens pour dénoncer la vision du journal de demain défendue par la présidente d’EBRA Sophie Gourmelen.

L’arrêt des signatures de leurs articles par les humains, auteurs, journalistes, reporters depuis bientôt deux mois prend donc tout son sens pour dénoncer la vision du journal de demain défendue par la présidente d’EBRA Sophie Gourmelen. Ce plan ne sauvera pas Le Républicain Lorrain. Pas plus que les nombreux plans infructueux menés ces dernières années par la Direction ERV [Est Républicain, Républicain Lorrain, Vosges-Matin, NDLR]. La solution réside dans des investissements spécifiques financiers, sociaux et éditoriaux en faveur de la qualité du travail de proximité des salariés RL. Dès cette rentrée, soyons prêts à défendre cette voie en nous mobilisant ensemble, encore plus fort.

Rejoignez la grève des signatures pour un journal totalement anonymisé le 2 septembre, jour de reprise des discussions!

Un article sans signature = un référencement amoindri = une contestation silencieuse qui fera du bruit.

Woippy, le 26 août 2026.

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